Recrutement de travailleurs spécialisés – Démarche simplifiée pour l’embauche de travailleurs de professions spécialisées (mise à jour 2026)

Temps de lecture : 8 min 1s
12 mai, 2026
Camille Régent, avocate chez Galileo Partners, présentent une mise à jour de la liste des professions en demande dans la province de Québec, tout en identifiant les professions étant affectées par une pénurie de main-d’œuvre au Québec.

Auteurs :

Camille Régent 1

Résumé

Depuis février 2012, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration et le ministère de l’Emploi et Développement social Canada/Service Canada collaborent annuellement à la mise en oeuvre et à la présentation d’une liste des professions en demande dans la province de Québec, dans le but de faciliter le recrutement de travailleurs étrangers, tout en réduisant considérablement les procédures et exigences requises afin d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires dans des professions faisant face à une pénurie de main-d’oeuvre.

Dans cet article, l’auteure présente une mise à jour de cette liste, tout en identifiant les professions étant affectées par une pénurie de main-d’oeuvre au Québec.

Nos avocats en immigration collaborent périodiquement avec les éditions Yvon Blais à la rédaction d’articles de fonds et de mises à jour juridiques. Cet article a initialement été publié dans « Bulletin en ressources humaines » en avril 2026 sous la cote EYB2026BRH2868. Son format a été légèrement altéré pour rencontrer les exigences de format du site web de Galileo Partners.

*Les informations contenues dans cet article sont à jour à la date de sa publication.

INTRODUCTION

Le 24 février 2012, le gouvernement du Québec, en collaboration avec le gouvernement canadien, a annoncé l’entrée en vigueur d’un nouveau processus permettant de faciliter le recrutement de travailleurs étrangers temporaires pour des professions faisant l’objet d’une pénurie de main-d’oeuvre pour la province de Québec2.

Ce processus, couramment appelé la « démarche simplifiée » ou le « traitement simplifié », a pour objectif d’alléger le processus de demande d’évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT)3 pour certaines professions spécialisées figurant sur la liste publiée par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

Cette liste est mise à jour chaque année le 24 février. À la suite de chaque mise à jour, une période transitoire de 30 jours est habituellement accordée afin de bénéficier de la liste de l’année précédente.

Le traitement simplifié permet, entre autres, à un employeur québécois souhaitant présenter une demande d’EIMT d’être exempté de fournir des preuves d’efforts de recrutement au soutien de sa demande.

L’employeur n’a donc pas à démontrer qu’il a affiché le poste pour lequel il compte embaucher un travailleur étranger temporaire ni à prouver qu’aucun citoyen canadien ou résident permanent du Canada n’était apte ou disponible pour l’occuper.

Cet allègement représente un avantage significatif pour les employeurs, puisqu’il permet d’éviter les délais et les coûts supplémentaires qu’engendre un affichage de poste et une démonstration des efforts de recrutement exigés dans le cadre d’une demande d’EIMT dite régulière.

À titre de rappel, lors de la présentation d’une EIMT régulière, l’employeur doit notamment publier des offres d’emploi sur plusieurs plateformes et les maintenir durant une période minimale de quatre semaines préalablement au dépôt de la demande. Il doit également filtrer les candidatures reçues. Ce processus peut rapidement s’avérer exigeant pour les professionnels en ressources humaines qui doivent surveiller la publication des affichages, recevoir et classer les candidatures, analyser les curriculum vitae reçus et, dans certains cas, procéder à des entrevues.

Cela étant, cette exemption ne signifie pas que l’employeur n’a plus à tenter de recruter de la main-d’oeuvre locale pour combler le poste. Cela veut simplement dire qu’il n’est pas tenu d’en faire la démonstration au moment de déposer sa demande d’EIMT. Les agents d’Emploi et Développement social Canada/Service Canada (EDSC/SC) ne devraient donc pas demander des preuves de recrutement, mais il est possible qu’ils le fassent.

I– LES CHANGEMENTS APPORTÉS À LA LISTE DE PROFESSIONS VISÉES PAR LA DÉMARCHE SIMPLIFIÉE

4Le 24 février 2026, une nouvelle liste des professions admissibles sous la démarche simplifiée a été publiée sur le site Web du MIFI.

La tendance est maintenue pour 2026, il y a eu plus de retraits de professions que d’ajouts.

Quatorze professions ont été retirées pour seulement trois ajoutées. À noter que les critères de certaines professions admissibles au traitement simplifié ont été restreints. C’est le cas des Boucher et Boulanger-Pâtissier. Dorénavant, et afin de pouvoir bénéficier de la démarche simplifiée, l’employeur devra démontrer qu’il cherche à combler un poste qui nécessite un certain niveau d’expérience ou un niveau de diplomation minimal.

Les tableaux suivants permettent d’identifier les ajouts, les retraits et les restrictions à la liste des professions admissibles au traitement simplifié de 2026, comparativement à celle de 2025 :

Professions ajoutées à la liste des professions admissibles au traitement simplifié de 2026
(3 professions ajoutées)
Code de profession – Classification nationale des professions 2021 (CNP)5Titre
31101Spécialistes en chirurgie
72203Monteurs de lignes électriques et câbles
72404Mécaniciens/contrôleurs d’aéronefs
Professions restreintes dans la liste des professions admissibles au traitement simplifié de 2026
(2 professions restreintes)
Code de profession – CNP 2021TitreRestriction
63201*Bouchers diplômés ou expérimentésDiplômé  avoir suivi un programme d’apprentissage équivalent au DEP en boucherie de détail (900 h de formation) Expérimenté : posséder au moins trois ans d’expérience pertinente à titre de boucher 
63202*Boulangers‑pâtissiers diplômés ou expérimentésDiplômé : avoir suivi un programme d’apprentissage équivalent au DEP en boulangerie ou en pâtisserie (795 h de formation) Expérimenté : posséder au moins trois ans d’expérience pertinente dans ce domaine.
Professions entièrement retirées de la liste des professions admissibles au traitement
simplifié de 2026 (14 professions en moins)
Code de profession – CNP 2021Titre
13112Adjoints administratifs médicaux
21222Spécialistes en informatique
21223Analystes de bases de données/administrateurs de données
21231Ingénieurs et concepteurs en logiciel
21232Développeurs/programmeurs logiciels
21301Ingénieurs mécaniciens
22302Tech. génie industriel et fabrication
22312Tech. et mécanos d’instruments industriels
31103Vétérinaires
31112Audiologistes/orthophonistes
63200Cuisiniers diplômés ou expérimentés
72204Installateurs/réparateurs télécom
73400Conducteurs d’équipement lourd
73402Foreurs/dynamiteurs

II– LA PÉRIODE TRANSITOIRE

De manière historique, le MIFI accorde aux employeurs et à leurs représentants une période transitoire de 30 jours pendant laquelle ils acceptent d’examiner et traiter les demandes d’EIMT déposées sous la liste des professions antérieure. Cette année ne fait pas exception. Il a donc été possible de présenter des demandes d’EIMT en fonction de la liste 2025 entre le 24 février 2026 et le 26 mars 2026.

III– LES TENDANCES DES PROFESSIONS VISÉES

La nouvelle liste, qui réduit de nouveau le nombre des professions admissibles au traitement simplifié, reflète clairement le contexte économique et politique actuel, qui est nettement moins favorable au recrutement et à l’embauche de travailleurs étrangers temporaires que lors de la pandémie de COVID-19.
À la lumière des cibles temporaires et permanentes annoncées dans le cadre de la planification pluriannuelle de l’immigration 2026-2029, une réduction de la liste était à prévoir. Cette mise à jour s’inscrit donc dans la continuité des orientations gouvernementales visant à resserrer l’accès aux programmes d’immigration temporaire.

Le retrait des professions liées aux technologies de l’information (TI) et à l’informatique, telles que les Spécialistes en informatique, Analystes de bases de données/administrateurs de données, Ingénieurs et concepteurs en logiciel, Développeurs/programmeurs logiciels entraîne un impact relativement limité.

En effet, ces professions figurent également au Volet des talents mondiaux B (VTM B), qui permet déjà aux employeurs d’être dispensés de l’obligation de démonter des efforts de recrutement.
Ainsi, malgré leur retrait de la liste du traitement simplifié, les employeurs conservent une voie accélérée et sans affichage pour le recrutement de ces profils spécialisés.

Dans tous les cas, il devient crucial que les employeurs anticipent davantage leurs besoins de renouvellement et de ne pas s’appuyer uniquement sur la liste des professions admissibles comme principal outil de planification. Ils doivent plutôt évaluer, en amont, l’ensemble des options disponibles afin d’assurer la continuité de leurs opérations et réduire les risques liés aux retraits des professions de cette liste.

CONCLUSION

Le processus de traitement simplifié est très avantageux pour les employeurs québécois, puisqu’il les dispense de l’obligation de démontrer des efforts de recrutement pour les professions listées.

Lorsqu’il peut être utilisé, il demeure l’un des processus les plus intéressants pour les employeurs québécois qui doivent recruter des travailleurs étrangers par le biais d’une demande d’EIMT et représente un avantage distinctif propre au régime d’immigration temporaire du Québec, comparativement à ceux des autres provinces canadiennes.

Compte tenu des mises à jour fréquentes qui touchent les programmes d’immigration et les listes de professions admissibles, nous recommandons fortement aux employeurs québécois de consulter un professionnel se spécialisant en mobilité internationale et en droit de l’immigration. Cela leur permettra de naviguer adéquatement parmi les différentes options et d’élaborer des stratégies d’immigration personnalisées, adaptées à leurs besoins d’affaires.

  1. Me Camille Régent est avocate au sein du cabinet Avocats Galileo Partners inc. et possède plus de sept ans d’expérience en immigration d’affaires et mobilité internationale. ↩︎
  2. Cet article constitue une mise à jour de l’article suivant : Audrey Anne CHOUINARD et Marc-Alexis LAROCHE, « Recrutement de travailleurs spécialisés – Démarche simplifiée pour l’embauche de travailleurs de professions spécialisées (mise à jour 2025) », dans Bulletin en ressources humaines, mai 2025, La référence Ressources humaines, EYB2025BRH2764 et versions antérieures. ↩︎
  3. Une EIMT est une approbation d’Emploi et Développement social Canada/Service Canada (EDSC) confirmant qu’il n’y a aucun Canadien ou résident permanent du Canada apte ou disponible afin d’occuper un emploi donné. Une fois l’EIMT approuvée, le travailleur étranger est alors en mesure de présenter une demande d’immigration temporaire pour une durée prédéterminée et aux conditions qui sont énoncées dans l’EIMT. Aux fins d’obtenir une EIMT positive, les employeurs doivent normalement faire des efforts de recrutement pour tenter d’identifier des Canadiens ou des résidents permanents du Canada qualifiés et disponibles pour occuper l’emploi offert. De plus, les employeurs doivent normalement démontrer l’existence d’une pénurie dans le domaine, permettant ainsi l’embauche d’un travailleur étranger possédant l’expertise et les qualités recherchées. ↩︎
  4. Liste des professions admissibles au traitement simplifié, en ligne : <https://www.quebec.ca/entreprises-et-travailleurs-autonomes/administrer-gerer/embauche-gestion-personnel/recruter/embaucher-immigrant/embaucher-travailleur-etranger-temporaire/traitement-simplifie/liste-professions-admissibles>. ↩︎
  5. Afin d’obtenir de plus amples détails concernant les codes liés à la Classification nationale des professions (CNP) ou les niveaux de compétences FEER, il est possible de consulter l’article suivant : Jean-Philippe BRUNET et Marc-Alexis LAROCHE, « Nouvelle classification nationale des professions (CNP) : les changements applicables », dans Bulletin en ressources humaines, février 2023, La référence Ressources humaines, EYB2023BRH2584 ↩︎

Camille RÉGENT

À propos de Camille Régent

Immigration d’affaires & mobilité internationale

Camille Régent est avocate principale et chef d’équipe en immigration d’affaires chez Galileo Partners à Montréal. Membre du Barreau du Québec depuis 2018, elle conseille des employeurs canadiens et étrangers sur l’ensemble des démarches d’immigration au Canada et au Québec; notamment en matière de permis de travail, d’Évaluations d’impact sur le marché du travail (EIMT) et de stratégies de mobilité internationale des travailleurs. Sa pratique est principalement axée sur les secteurs du génie civil; de la fabrication et de l’énergie. Se positionnant en véritable partenaire de ses clients, elle traduit de manière créative leurs besoins opérationnels en solutions juridiques concrètes qui leur permettent d’atteindre leurs objectifs d’affaires.

Principaux domaines de pratique

  • Stratégies d’immigration pour les entreprises
  • Stratégies d’immigration au Québec
  • Permis de travail et Évaluations d’impact sur le marché du travail (EIMT)
  • Mobilité internationale des travailleurs
  • Conformité des employeurs en immigration
  • Immigration dans les secteurs du génie civil; de la fabrication et de l’énergie

Parcours professionnel

Diplômée en droit de l’Université de Sherbrooke (LL.B., 2016) et membre du Barreau du Québec depuis 2018, Camille Régent a développé au sein de Galileo Partners une pratique reconnue en droit de l’immigration des affaires. Elle accompagne des entreprises de toutes tailles dans leurs projets d’expansion et dans le pourvoi de postes vacants; en leur proposant des stratégies d’immigration adaptées à leurs réalités opérationnelles dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre spécialisée tels que le génie civil, la fabrication industrielle et l’énergie.

Camille possède également une compréhension personnelle du processus d’immigration canadien; l’ayant elle-même vécu. Cette expérience lui permet de saisir les enjeux humains et logistiques liés à la mobilité internationale et d’offrir un accompagnement accru tant aux travailleurs qu’aux gens d’affaires qui traversent ce processus. Très engagée à l’international, elle a représenté le Québec en Côte d’Ivoire lors du Parlement francophone des jeunes et a effectué un stage de coopération internationale au Nicaragua.

Distinction professionnelle

  • Chambers & Partners (Associates to Watch) — Reconnue en droit de l’immigration

Affiliations professionnelles

  • Barreau du Québec (membre depuis 2018)
  • Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI)
  • Association canadienne des avocats en immigration (ACAI)
  • Jeune Barreau de Montréal (JBM)
-

Vous voulez en savoir plus?

Untitled(Nécessaire)

Autres articles

Articles dans la même catégorie

Immigration
12 mai 2026

Recrutement de travailleurs spécialisés – Démarche simplifiée pour l’embauche de travailleurs de professions spécialisées (mise à jour 2026)

Camille Régent, avocate chez Galileo Partners, présentent une mise à jour de la liste des professions en demande dans la province de Québec, tout en identifiant les professions étant affectées par une pénurie de main-d’œuvre au Québec.

Lire l'article
Immigration
5 mai 2026

Les preuves de légitimité d’une entreprise au soutien d’une demande d’EIMT : tout ce qu’il faut savoir

Au cours des derniers mois, le gouvernement fédéral a apporté plusieurs changements aux exigences entourant la preuve de légitimité d’une entreprise dans le cadre d’une demande d’évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT). Cet article vise à clarifier les attentes actuelles et à aider les employeurs à préparer un dossier complet et conforme aux nouvelles normes.

Lire l'article
Immigration
27 avril 2026

Retour sur la décision R c. Kasinathan – Analyse de l’impact sur le plan du droit de l’immigration canadien

Marc-Alexis Laroche, avocats chez Galileo Partners, commente cette décision dans laquelle la Cour de justice de l’Alberta analyse des accusations de fraude découlant du recrutement et de l’emploi de travailleurs étrangers temporaires sous permis de travail fermé. L’auteur soulève les éléments qui devraient être considérés par un employeur qui a recours au recrutement de travailleurs étrangers temporaires, et quelles sont les leçons à tirer d’une telle décision.

Lire l'article