Le gouvernement canadien indique son intention d’imposer des amendes monétaires plus strictes sous le programme des travailleurs étrangers temporaires

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10 février, 2025
Au cours de la dernière année, les membres de notre équipe de professionnels ont constaté une augmentation de la fréquence des inspections menées par Emploi et Développement Social Canada (EDSC). Un communiqué de presse de leur part, publié le 17 janvier dernier, confirme cette position plus ferme. Le présent texte survole les éléments importants de ce communiqué ainsi que nos recommandations afin d’être prêt à répondre à une inspection future.

Auteurs :

Nicolas Simard-Lafontaine et Sarah Hammoud

Introduction

*Les informations contenues dans cet article sont à jour à la date de sa publication.

Comme cabinet d’avocats en immigration d’affaires, nous représentons des entreprises en matière d’immigration. Nous couvrons l’ensemble des enjeux d’affaires liés à l’immigration; de l’attraction de talents de pointe à l’international, au transfert au sein d’une entreprise multinationale de cadres de direction vers le Canada ou les États-Unis. Inévitablement, nous conseillons nos clients quant à leurs obligations légales dans le contexte de chaque dossier ou dans un cadre plus général en proposant des audits.

Depuis près de 10 ans, pour assurer le bon fonctionnement et l’intégrité du système d’immigration temporaire, un régime de conformité qui vise les employeurs a été mis en place. Ce régime s’articule autour d’inspections qui peuvent être menées par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) ou Emploi et Développement Social Canada (EDSC) et qui, en cas de non-conformité, peuvent mener à des pénalités. Les pénalités sont prévues dans le Règlement sur l’immigration et protection des réfugiés (Règlement); elles peuvent être de nature pécuniaire et/ou de nature administrative, comme la suspension des employeurs du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) (les « sanctions administratives pécuniaires »).

Nous agissons fréquemment dans des dossiers d’inspections de conformité d’EDSC et nous avions constaté une augmentation de la fréquence des inspections en 2024. Le 17 janvier dernier, EDSC a confirmé par voie de communiqué de presse la tendance que nous avions déjà constatée en pratique. EDSC y présente une nouvelle posture mettant l’accent sur l’application du Règlement afin d’assurer la conformité des programmes d’immigration temporaire sous sa juridiction.

Les chiffres présentés dans ce communiqué de presse parlent d’eux-mêmes : en 2024, pour une période de 6 mois (entre avril et septembre), 649 inspections ont été effectuées. Au total, 11% des employeurs inspectés (ou 71 employeurs) ont été déclarés non conformes. Les sanctions administratives pécuniaires infligées à ces employeurs non conformes ont totalisé 2,1 millions de dollars, ce qui représente le double de celles émises pour la même période l’année précédente. De plus, 20 employeurs ont été suspendus du PTET, ce qui représente une augmentation de 5 fois par rapport à l’année précédente.

Le communiqué résume également certaines sanctions administratives pécuniaires qui se sont ajoutées ou qui ont augmenté en 2023 et 2024. Elles sont représentées dans le tableau plus bas.

InfractionsSanctions maximales après le changement
Employeurs ne fournissant pas les documents nécessaires ou affirmant détenir une entreprise inexistante ou illicite45 000 dollars et interdiction de participer au Programme pendant 5 ans
Employeurs refusant de rencontrer les inspecteurs ou absents lors des inspections45 000 dollars et interdiction de participer au Programme pendant 5 ans
Employeurs non activement engagés dans les opérations de leur entreprise15 000 dollars par travailleur étranger temporaire touché

Le communiqué cite aussi des exemples concrets d’employeur non conforme. Prenons les exemples suivants :

Un employeur de l’industrie de la préparation et du conditionnement de poissons et de fruits de mer a reçu une sanction pécuniaire de 365 750 dollars et s’est vu interdire l’accès au Programme pendant deux ans pour non-respect de plusieurs exigences et de conditions, notamment pour ne pas avoir tenu les documents nécessaires, ne pas avoir respecté les lois lors du recrutement et de l’embauche d’employés, ne pas verser un salaire convenable aux travailleurs étrangers et ne pas avoir offert un milieu de travail exempt de mauvais traitements.

Ou

Un employeur du secteur agricole s’est vu imposer une sanction pécuniaire de 75 000 dollars et interdire l’accès au Programme pendant cinq ans pour ne pas avoir fourni à l’inspecteur la documentation demandée, d’avoir été absent lors d’une rencontre prévue avec les inspecteurs et d’avoir échoué à démontrer qu’il exploitait une entreprise légitime.

EDSC indique également un élargissement considérable de ses efforts de surveillance, notamment en effectuant une surveillance plus rigoureuse des secteurs à haut risque.

EDSC introduit le resserrement de ses pratiques d’inspection sous l’angle de la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs étrangers. Il faut cependant constater que cette approche s’inscrit dans un changement de posture générale chez EDSC qui resserre le PTET depuis septembre 2024.

Quoi faire comme employeur?

Ce communiqué confirme bien l’une de nos prévisions pour 2025 publiées le 2 janvier dernier: Le respect des conditions du séjour deviendra essentiel en 2025. Bien que nous recommandions toujours le respect absolu des conditions de travail déclarées, le risque pour les employeurs d’être soumis à une inspection est désormais plus élevé. Ainsi les employeurs devraient être prêts à répondre à une inspection en suivant notamment les recommandations suivantes :

  1. S’assurer proactivement du respect des obligations de l’employeur pour chaque travailleur incluant le respect des conditions de travail déclarées dans l’EIMT;
    1. En cas de non-respect, consulter un avocat qui vous permettra d’analyser le risque de sanction pécuniaire administrative et qui vous recommandera le meilleur plan d’action dans les circonstances – souvent en agissant rapidement pour assurer la conformité;
  2. Tenir une liste à jour des travailleurs étrangers à leur emploi incluant notamment le poste, les tâches, la CNP et le salaire tel que déclaré dans la demande d’EIMT;
  3. Conserver un dossier pour une période de 6 ans à partir du début de la période d’emploi pour chaque travailleur embauché sous le PTET afin de pouvoir démontrer la véracité des renseignements fournis dans la demande d’EIMT et afin de pouvoir démontrer le respect des obligations de l’employeur envers chaque travailleur;

Nous prônons une approche préventive. Pour parler de votre situation avec un avocat, contactez-nous.

À propos de Nicolas Simard-Lafontaine

Avocat en immigration d’affaires à Montréal — Canada & Québec

Nicolas Simard-Lafontaine est avocat associé fondateur de Galileo Partners à Montréal; l’un des cabinets les plus reconnus en immigration d’affaires au Canada. Membre du Barreau du Québec depuis 2014; il consacre l’ensemble de sa pratique au droit de l’immigration des affaires; conseillant des entreprises; des entrepreneurs et des gens d’affaires sur leurs projets de mobilité internationale au Canada; au Québec et aux États-Unis. Reconnu dans les palmarès Chambers & Partners; Best Lawyers Canada et Lexology; il est régulièrement cité parmi les avocats les plus recommandés en immigration d’affaires au pays. Son approche combine une maîtrise technique du droit de l’immigration à une compréhension fine des réalités d’affaires; ce qui lui permet d’intervenir de manière stratégique dans des dossiers complexes à fort impact opérationnel.

Principaux domaines de pratique

  • Stratégies d’immigration pour les entreprises au Canada et au Québec
  • Stratégies d’immigration au Québec (programmes temporaires et permanents)
  • Permis de travail et Évaluations d’impact sur le marché du travail (EIMT)
  • Programme de mobilité internationale (PMI) et Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET)
  • Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) et Certificat de sélection du Québec (CSQ)
  • Résidence permanente et mobilité internationale des travailleurs
  • Conformité des employeurs en immigration; inspections et représentations gouvernementales
  • Immigration d’affaires vers les États-Unis; en collaboration avec l’équipe juridique américaine de Galileo
  • Immigration pour entrepreneurs; investisseurs et gens d’affaires
  • Implantation d’activités au Canada et aux États-Unis

Parcours professionnel

Titulaire d’un baccalauréat en administration des affaires (B.A.A.) de HEC Montréal (2008) et d’un baccalauréat en droit (LL.B.) de l’Université de Sherbrooke (2012); Nicolas Simard-Lafontaine apporte à sa pratique juridique une perspective d’affaires rare; nourrie par une double formation en gestion et en droit.

Admis au Barreau du Québec en 2014; il a d’abord exercé au sein de l’équipe d’immigration d’affaires d’un cabinet d’avocats international à Montréal; avant de cofonder Galileo Partners en septembre 2016 avec trois associés. Galileo Partners est aujourd’hui classé parmi les 10 meilleurs cabinets en immigration au Canada par le Canadian Lawyer Magazine; une reconnaissance qui reflète la qualité et la profondeur de l’expertise développée par l’équipe depuis sa fondation.

Depuis lors; Nicolas pratique exclusivement en immigration d’affaires et siège au comité de direction du cabinet; où il contribue activement à la stratégie de croissance et à l’amélioration continue des opérations. Il intervient directement dans des dossiers sensibles ou complexes; notamment pour des clients des secteurs du génie civil; de la construction; de la fabrication et des technologies. Il accompagne des employeurs dont les opérations s’étendent à l’ensemble du Québec et du Canada; notamment en Estrie; dans la région de la Capitale-Nationale; en Mauricie; en Beauce; en Gaspésie; en Outaouais; en Montérégie et dans les Laurentides; ainsi que dans les grands centres urbains canadiens.

Son approche est résolument stratégique et à long terme; permettant aux employeurs de naviguer avec clarté dans leurs projets comportant des composantes d’immigration; qu’il s’agisse de l’ouverture d’une nouvelle usine; de l’acquisition d’une entreprise canadienne par un groupe étranger; de l’implantation d’activités au Canada ou aux États-Unis; ou de la structuration de programmes internes de gestion de la main-d’œuvre étrangère. Il accompagne également; à l’occasion; des entrepreneurs; des investisseurs et des personnes d’affaires qui souhaitent s’établir ou développer leurs activités au Canada.

Dans les dossiers comportant une dimension américaine; Nicolas collabore étroitement avec les avocats en immigration américaine de Galileo Partners; offrant ainsi à ses clients un service intégré couvrant la mobilité transfrontalière Canada – États-Unis.

Distinctions professionnelles

  • Chambers & Partners — Reconnu en droit de l’immigration au Canada
  • Best Lawyers Canada — Reconnu en droit de l’immigration (édition 2026)
  • Lexology — Reconnu en droit de l’immigration

Publications et interventions publiques

Auteur régulier sur le blogue de Galileo Partners et contributeur aux publications de l’Association canadienne des avocats en immigration (CILA); Nicolas Simard-Lafontaine publie des analyses approfondies sur les développements en droit de l’immigration canadien et québécois. Ses articles récents portent notamment sur l’analyse critique du Plan d’immigration 2026 du Québec; le déploiement du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) comme principale voie de résidence permanente au Québec; ainsi que les nouvelles orientations du gouvernement canadien en matière d’inspections et d’amendes sous le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Implications professionnelles & communautaires

Nicolas Simard-Lafontaine s’implique activement dans la communauté juridique en immigration. Il a siégé au conseil d’administration de l’Association canadienne des avocats en immigration (CILA) pendant cinq ans (2020-2025); dont un mandat à titre de co-président (2022-2023). Dans le cadre de ces fonctions; il a contribué activement à la rédaction de lettres de représentation aux ministères; à la publication d’articles de politique et à la participation à des rencontres avec les agences gouvernementales impliquées dans le système d’immigration canadien.

Affiliations professionnelles

  • Barreau du Québec (membre depuis 2014)
  • Association canadienne des avocats en immigration (CILA) — Co-président (2022-2023); Membre du conseil d’administration (2020-2025)
  • Association du Barreau canadien (ABC)
  • Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI)
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